Salaires et frais professionnels

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) constitue la référence légale en matière de rémunération en France. Son montant, révisé chaque année ou lors d’une revalorisation exceptionnelle liée à l’inflation, influence directement les salaires, les rémunérations des apprentis ainsi que plusieurs barèmes sociaux et fiscaux.

Vous trouverez ici les données actualisées pour 2025 : Smic brut et net, salaires d’apprentis, avantages en nature, minimum garanti, plafond de la Sécurité sociale (PASS), valeur des titres-restaurant et indemnités liées aux frais professionnels.

S.M.I.C.

Revalorisation de 2% au 1er Novembre 2024 :

  • Horaire brut :        11,88 € (précédemment 11,65 €)
  • Mensuel brut : 1 801,80 € (précédemment 1 766,92 €)
  • Mensuel net :   1 426,30 € (précédemment 1 398,69 €)

Le montant mensuel du SMIC est pour 151,67 heures calculé sur la base de 35 heures x 52/12.

La revalorisation du SMIC du 01/11/2024 a été une revalorisation anticipée, il n’y a donc pas eu d’augmentation en janvier 2025.

Le montant du Smic est revalorisé automatiquement au 1er janvier de chaque année à partir de deux indicateurs : l’inflation constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et employés.

Le montant du Smic net perçu par le salarié dépend de l’entreprise concernée et de certaines cotisations liées au secteur d’activité.

Chaque année, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) fait l’objet d’une revalorisation annuelle par décret au 1er janvier, qui tient compte de l’évolution de l’inflation constatée pour les 20 % de ménages ayant les plus faibles revenus. Par ailleurs, chaque hausse d’au moins 2 % de l’indice des prix à la consommation est automatiquement suivie d’un relèvement du Smic dans les mêmes proportions.

À Mayotte, le Smic horaire brut est porté de 8,80 € à 8,98 €, soit un montant mensuel brut de 1361,97€ contre 1 334,67 € sur la base de la durée légale du travail de 35  heures hebdomadaires. Le minimum garanti s’établit à 4,22€ contre 4,15 € au 01/11/2024.

Ci dessous un petit rappel des dernières années :

DateAugmentationMontant BrutMontant Net Horaire BrutHoraire Net
01/11/20241,93%1801,801426,3011,889,40
01/01/20241,13%1766,921398,6911,659,22
01/05/2023 2,22%1747,201383,0811,529,11
01/01/20231,81%1709,281353,0711,278,92
01/08/20222,01%1678,951329,0511,078,76
01/05/20222,65%1645,581302,6410,858,59
01/01/20220,86%1603,121269,0910,578,37
01/10/20212,24%1589,471258,2010,488,3
01/01/20210,99%1554,581230,6010,258,11
01/01/20201,19%1539,421218,6010,158,03

Salaire minimum apprentis

Salaire minimum (% du SMIC) : Base 151,67 h

Age de l'apprenti 1ère année 2ème année3ème année
16-17 ans

27% du Smic

477,07 €

39% du Smic

689,10 €

55% du Smic

971,80 €
18-20 ans

43% du Smic

759,77 €

51% du Smic

901,13 €

67% du Smic

1183,83 €
21-25 ans

Salaire le + élevé entre 53% du Smic et 53% du salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

954,95 €

Salaire le + élevé entre 61% du Smic et 61% du salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

1099,10 €

Salaire le + élevé entre 78% du Smic et 78% du salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

1405,40 €
26 ans et plus

100% du Smic - Salaire le + élevé entre le Smic et le salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

1801,80 €

100% du Smic - Salaire le + élevé entre le Smic et le salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

1801,80 €

100% du Smic - Salaire le + élevé entre le Smic et le salaire minimum conventionnel correspondant à l'emploi occupé pendant le contrat d'apprentissage

1801,80 €

Avantages en nature

En l’absence de convention collective ou d’accord fixant des taux supérieurs, les avantages en nature sont évalués forfaitairement en fonction du minimum garanti.

Pour la nourriture, l’avantage en nature est évalué comme suit :

  • 5,45 € par repas en 2025
  • ou 10,90 € par jour en 2025
  • 5,35 € par repas en 2024
  • ou 10,70 € par jour en 2024
  • 5,20 € par repas en 2023
  • ou 10,40 € par jour en 2023

Minimum garanti (M.G.)

4.22 € (au 01/11/2024)

Archives :
4.15 € (au 01/01/2024)
4.10 € (au 01/05/2023)
4.01 € (au 01/01/2023)
3.94 € (au 01/08/2022)

Plafond de sécurité sociale (PASS)

Le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) sert de référence pour le calcul de nombreuses cotisations et prestations sociales. Actualisé chaque année, il détermine notamment le plafond de la retraite de base, certaines exonérations ou encore le calcul des indemnités journalières.

Montants du PASS 2025

En 2025, le plafond de la Sécurité sociale (PASS) a été revalorisé de 1,58 %.

Les montants applicables du 1er janvier au 31 décembre 2025 sont les suivants :

  • 47 100 € par an
  • 11 775 € par trimestre
  • 3 925 € par mois
  • 906 € par semaine
  • 216 € par jour
  • 29 € de l’heure

Montants du PASS 2024

En 2024, le plafond de la Sécurité sociale (PASS) a été revalorisé de 5,4 %.

Les montants applicables du 1er janvier au 31 décembre 2024 sont les suivants :

  • 46 368 € par an
  • 11 592 € par trimestre
  • 3 864 € par mois
  • 892 € par semaine
  • 213 € par jour
  • 29 € de l’heure

Montants du PASS 2023

Du 1er janvier au 31 décembre 2023, le plafond de la Sécurité sociale (PASS) était fixé aux valeurs suivantes :

  • 43 992 € par an
  • 10 998 € par trimestre
  • 3 666 € par mois

Titres-restaurant

Contribution patronale et exonération

La contribution patronale est exonérée de cotisations Sécurité Sociale si elle est comprise entre 50 et 60% de la valeur du titre et ne dépasse pas :

  • 7,26 € pour 2025
  • 7,18 € pour 2024
  • 6,91 € pour 2023

Valeur du titre-restaurant ouvrant droit à l’exonération maximale

Les montants applicables selon l’année sont :

  • 2025 : entre 12,10 € (participation 60 %) et 14,52 € (participation 50 %)
  • 2024 : entre 11,97 € et 14,36 € (janvier)
  • 2023 : entre 11,52 € et 13,82 € (janvier – décret du 31 mai 2023)
  • 2022 : entre 9,48 € et 11,38 € (janvier – valeur de référence 5,69 €)
  • 2022 : entre 9,87 € et 11,84 € (septembre – valeur de référence 5,92 € – 1er septembre au 31 décembre 2022)
  • 2022 : entre 10,83 € et 13,00 € (janvier 2023 – valeur de référence 6,50 €)

Frais professionnels

Les frais professionnels correspondent à des dépenses engagées par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle. Ces frais sont ensuite remboursés par l’employeur. Le dédommagement de ces frais peut prendre la forme :

  • d’un remboursement des dépenses réelles sur justificatifs ;
  • d’un versement d’allocations forfaitaires ;
  • de l’application d’une déduction forfaitaire spécifique sur le salaire soumis à cotisations ; cette possibilité n’étant ouverte qu’à certaines professions.

Les frais professionnels sont exclus de la base de calcul des cotisations de Sécurité sociale. Ils sont aussi exclus de la base CSG-CRDS.

Le grand déplacement (montants au 01/01/2025)

L’indemnité de grand déplacement est destinée à couvrir les dépenses supplémentaires de nourriture et de logement du salarié en déplacement professionnel.

Le grand déplacement est caractérisé par l’impossibilité pour un salarié de regagner chaque jour sa résidence du fait de ses conditions de travail.

Remboursement des frais de repas en grand déplacement (par repas)
:

  • 21,10 € – pour les 3 premiers mois
  • 17,90 € – au delà de 3 mois (-15%)
  • 14,80 € – au delà de 24 mois (-30%)

Remboursement des frais de logement et petit déjeuner (Paris & 92 & 93 & 94) :

  • 75,60 € – pour les 3 premiers mois
  • 64,30 € – au delà de 3 mois (-15%)
  • 52,90 € – au delà de 24 mois (-30%)

Remboursement des frais de logement et petit déjeuner (Autres départements) :

  • 56,10 € – pour les 3 premiers mois
  • 47,70 € – au delà de 3 mois (-15%)
  • 39,30 € – au delà de 24 mois (-30%)

Le petit déplacement (montants au 01/01/2025)

Le remboursement de frais de repas pour un salarié en petit déplacement est exonéré de cotisations pour un salarié :

  • en déplacement professionnel ou sur un chantier ;
  • ou contraint de prendre ses repas sur son lieu de travail en raison de sujétions particulières.

Indemnité de restauration sur le lieu de travail:

Salarié contraint de prendre une restauration sur son lieu de travail effectif en raison de conditions particulières d’organisation ou d’horaires de travail (ex : travail en équipe, travail posté, travail continu, travail de nuit, travail en horaire décalé) : 7,40 €

Frais de repas engagés par les salariés en situation de déplacement :

  • Salarié contraint de prendre son repas au restaurant : 21,10 €
  • Salarié non contraint de prendre son repas au restaurant (indemnité de collation hors des locaux de l’entreprise ou sur chantier) : 10,30 €

Vos droits expliqués simplement

Qu’est-ce que le SMIC et comment est-il revalorisé ?

Le SMIC, ou salaire minimum interprofessionnel de croissance, fixe le seuil en dessous duquel aucun salarié ne peut être rémunéré.

Il évolue chaque 1er janvier pour tenir compte de l’inflation et de la hausse du coût de la vie. Une revalorisation automatique peut aussi intervenir en cours d’année si les prix augmentent fortement.

Ce mécanisme vise à limiter les pertes de pouvoir d’achat liées à l’inflation, même si, dans les faits, il ne compense pas toujours pleinement la hausse du coût de la vie.

La revalorisation est décidée par le gouvernement, après avis consultatif de la Commission nationale de la négociation collective où siègent syndicats et employeurs.

Les organisations syndicales y défendent concrètement les intérêts des salariés, en exigeant une revalorisation qui reflète les besoins réels des travailleurs plutôt que de se limiter à des calculs économiques abstraits.

Quelle est la différence entre SMIC brut et SMIC net ?

Le SMIC brut correspond au salaire de base fixé par la loi, avant toute déduction. Sur ce montant s’appliquent les cotisations sociales (assurance maladie, retraite, chômage, CSG-CRDS…), qui financent le système de protection sociale et garantissent des droits collectifs aux salariés.

Après ces prélèvements, on obtient le SMIC net, c’est-à-dire la somme réellement perçue en fin de mois. Ce montant peut légèrement varier selon le secteur ou les conventions collectives. Autrement dit, le brut est une base théorique, tandis que le net reflète le revenu disponible. Cette différence rappelle le poids des cotisations dans la rémunération des travailleurs.

Comment est calculée la rémunération des apprentis ?

La rémunération des apprentis est fixée en pourcentage du SMIC, selon l’âge et l’année de formation. À mesure que l’expérience progresse, la rémunération augmente, ce qui valorise l’engagement du jeune en entreprise.

Certaines conventions collectives améliorent ce minimum, garantissant de meilleures conditions.

Un apprenti peut aussi négocier une rémunération supérieure avec son employeur : la loi impose un plancher, mais rien n’empêche d’aller au-delà. Cette possibilité reste encore trop peu utilisée, alors qu’elle peut être un levier de reconnaissance. Pour la CFTC, il est essentiel que la rémunération des apprentis reflète réellement leur contribution et qu’elle encourage leur intégration durable dans l’entreprise.

Qu’est-ce que le minimum garanti (MG) et à quoi sert-il ?

Le minimum garanti (MG) est un indice distinct du SMIC. Il ne fixe pas un salaire, mais sert de référence pour calculer certains avantages en nature, comme l’évaluation forfaitaire des repas fournis par l’employeur.

Son montant est révisé chaque année, indépendamment de l’évolution du SMIC. Concrètement, il permet d’harmoniser la valeur de certains droits pour éviter des disparités entre salariés.

Même si ses montants restent modestes, le MG rappelle que la rémunération ne se limite pas au salaire versé : elle inclut aussi des avantages concrets du quotidien. Pour les syndicats, il doit continuer à évoluer afin de mieux refléter le coût réel de la vie et protéger l’équilibre entre travail et conditions de vie.

À quoi correspond le plafond de la Sécurité sociale (PASS) ?

Le plafond de la Sécurité sociale (PASS) est un montant fixé chaque année par le gouvernement. Il sert de référence pour calculer certaines cotisations sociales (comme la retraite de base et l’assurance chômage) et certaines prestations (indemnités journalières, pensions…).

Concrètement, le PASS fixe la part du salaire brut prise en compte pour la retraite de base. Exemple : avec un PASS de 47 100 €, un salarié payé 25 000 € brut par an cotise intégralement à la retraite de base, et aussi à la retraite complémentaire Agirc-Arrco, obligatoire dès le premier euro. Un salarié à 60 000 € cotisera pour la base uniquement jusqu’à 47 100 €, le reste alimentant la complémentaire.

Pour les syndicats, l’enjeu est que le PASS progresse réellement avec le coût de la vie et l’évolution des salaires. Car si le plafond reste trop bas, seuls les revenus modestes financent pleinement la retraite de base. Un PASS correctement ajusté garantit que les hauts revenus participent davantage, renforçant ainsi la solidarité du système et la protection de tous.

Comment fonctionne l’exonération sur les titres-restaurant ?

Le titre-restaurant est financé conjointement : une part par le salarié, une part par l’employeur. La loi impose que la contribution patronale représente entre 50 % et 60 % de la valeur du titre. Jusqu’à un plafond fixé chaque année, cette participation est exonérée de cotisations sociales.

Lorsque la valeur du ticket dépasse ce plafond, le salarié conserve l’intégralité de son titre pour régler ses repas. Seule la part patronale excédentaire est alors soumise à cotisations.

Dans l’entreprise, les représentants du personnel, à la demande des salariés, peuvent négocier une revalorisation des titres. Les syndicats rappellent régulièrement que cet avantage doit évoluer avec les prix réels de la restauration, sans quoi il perd de son efficacité pour soutenir le pouvoir d’achat.

Quels sont les frais professionnels remboursables ?

Les frais professionnels sont les dépenses engagées par un salarié pour les besoins de son travail, et tout salarié peut en demander le remboursement lorsqu’il y est confronté. La demande doit être faite au préalable auprès de l’employeur, souvent via le service RH ou la hiérarchie directe, afin de vérifier les règles en vigueur et les justificatifs à fournir. Le remboursement s’effectue ensuite sur présentation de pièces justificatives (notes de frais, factures, tickets) ou selon des barèmes forfaitaires fixés par l’URSSAF.

Les frais les plus courants concernent les repas en déplacement, les transports (missions, indemnités kilométriques, transports collectifs) et parfois le logement lors de missions éloignées. Pour savoir si vous y avez droit, il faut consulter votre contrat de travail, votre convention collective ou les accords d’entreprise.

Pour les syndicats, un principe doit rester clair : aucun salarié ne doit payer pour travailler.

Quelle est la différence entre un grand déplacement et un petit déplacement ?

Un grand déplacement concerne les situations où un salarié ne peut pas regagner son domicile chaque jour en raison de la distance ou de ses horaires de travail. Dans ce cas, l’employeur rembourse les dépenses supplémentaires de repas, de logement et de petit déjeuner, mais uniquement dans la limite des barèmes fixés par l’URSSAF. Les frais de transport (train, voiture, etc.) relèvent aussi des frais professionnels, mais sont remboursés séparément sur justificatifs ou barèmes kilométriques.

Un petit déplacement correspond à une mission où le salarié peut regagner son domicile le soir. Dans ce cas, il ne s’agit pas de couvrir logement ou transport, mais uniquement les repas pris à l’extérieur. Ces frais peuvent être remboursés soit sur justificatifs réels (factures, tickets), soit sous forme d’indemnités forfaitaires, toujours dans la limite des plafonds fixés par l’URSSAF.

Pour les syndicats, il est essentiel que ces règles soient respectées afin qu’aucun salarié ne supporte des frais liés à ses conditions de travail.

Ces montants sont-ils les mêmes pour tous ?

Les montants de référence comme le SMIC, le PASS ou le plafond d’exonération des titres-restaurant sont fixés par la loi ou par décret : ils constituent donc une base commune valable pour l’ensemble des salariés.

Cependant, leur application concrète peut différer selon les conventions collectives, les accords d’entreprise ou les pratiques de chaque secteur. Une convention peut, par exemple, prévoir un salaire minimum plus élevé que le SMIC ou des remboursements de frais supérieurs aux barèmes légaux.

Autrement dit, la loi fixe un plancher, mais rien n’empêche les employeurs d’aller au-delà. C’est pourquoi il est essentiel pour chaque salarié de vérifier ses droits dans son entreprise et de s’appuyer sur ses représentants du personnel pour obtenir de meilleures conditions.

Dispositifs relatifs aux salaires et indemnités

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