Retraite : les droits des salariés

La retraite permet au salarié de bénéficier d’un revenu de remplacement lorsqu’il cesse son activité professionnelle, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation. L’ouverture du droit à pension et son montant dépendent notamment de l’âge de départ, de la durée d’assurance acquise et des droits constitués tout au long de la carrière.

Le système de retraite des salariés repose sur des régimes obligatoires distincts, qui obéissent à des règles spécifiques en matière de cotisation, de calcul et de liquidation des droits. Ces règles peuvent varier selon la situation professionnelle du salarié, son parcours de carrière et l’existence de périodes particulières telles que le chômage, la maladie ou la maternité.

Compte tenu de la complexité du dispositif et des conséquences durables du départ à la retraite, il est essentiel pour le salarié de disposer d’une information fiable, de vérifier régulièrement ses droits et d’anticiper ses démarches afin de sécuriser le versement de sa pension.

Les principes généraux de la retraite des salariés

La retraite constitue un droit social fondamental permettant au salarié de bénéficier d’un revenu de remplacement lorsqu’il cesse son activité professionnelle. Ce droit repose sur un système obligatoire par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations : les cotisations versées par les actifs financent les pensions des retraités.

Tout au long de sa carrière professionnelle, le salarié acquiert des droits à la retraite par le biais des cotisations sociales prélevées sur les rémunérations. Ces droits sont ouverts progressivement et leur niveau dépend notamment de la durée d’activité, des revenus perçus et des périodes assimilées prévues par la réglementation (maladie, chômage, maternité, etc.).

Le système de retraite des salariés s’articule autour de deux niveaux complémentaires :

  • la retraite de base, commune à l’ensemble des salariés, qui permet de valider des trimestres et d’ouvrir un droit à pension à partir d’un âge légal fixé par la loi ;
  • la retraite complémentaire, obligatoire, qui fonctionne selon un système de points acquis en fonction des cotisations versées.

Le versement d’une pension de retraite est subordonné au respect des conditions prévues par la réglementation applicable, notamment en matière d’âge de départ et de durée d’assurance. Le montant de la pension peut ainsi varier selon la carrière du salarié et sa situation personnelle.

👉 À retenir : le droit à la retraite se construit tout au long de la vie professionnelle. Il repose sur des règles légales précises et sur les droits effectivement acquis par le salarié au fil de sa carrière.

Les régimes de retraite applicables aux salariés

Le système de retraite des salariés est organisé autour de régimes obligatoires distincts, prévus par la loi, qui s’appliquent à l’ensemble des salariés du secteur privé. Ces régimes ont pour objet d’assurer le versement d’une pension de retraite lorsque les conditions réglementaires sont réunies.

Le régime de retraite de base des salariés

Le régime de retraite de base constitue le régime légal commun aux salariés. Il est géré par l’Assurance retraite et permet l’acquisition de droits à pension par la validation de trimestres d’assurance, en fonction de l’activité professionnelle exercée et des cotisations versées.

La validation des trimestres est encadrée par des règles légales précises. Certaines périodes de suspension ou d’interruption de l’activité professionnelle, telles que la maladie, le chômage indemnisé ou la maternité, peuvent être prises en compte au titre de l’assurance vieillesse, lorsque les conditions prévues par la réglementation sont réunies.

Le régime de retraite complémentaire obligatoire

En application des dispositions légales et conventionnelles, les salariés relèvent également d’un régime de retraite complémentaire obligatoire. Ce régime fonctionne selon un système de points, attribués en contrepartie des cotisations versées par le salarié et l’employeur tout au long de la carrière.

Les droits à retraite complémentaire sont déterminés par le nombre de points acquis et par la valeur du point applicable au moment du départ à la retraite, conformément aux règles en vigueur.

L’articulation entre les régimes de retraite

La pension de retraite versée au salarié résulte de la combinaison des droits acquis au titre du régime de retraite de base et du régime de retraite complémentaire. Chacun de ces régimes obéit à des règles propres, tant en matière de calcul que de conditions d’attribution, mais leur mise en œuvre intervient de manière coordonnée lors du départ à la retraite.

👉 À retenir : la retraite des salariés repose sur des régimes obligatoires distincts. Le droit à pension et son montant sont déterminés par les droits effectivement acquis par le salarié au titre de chacun de ces régimes, dans le respect des conditions prévues par la réglementation.

Conditions d’ouverture du droit à la retraite

Le droit à une pension de retraite est ouvert au salarié lorsque les conditions prévues par la réglementation en vigueur sont réunies. Ces conditions sont fixées par la loi et s’apprécient au regard de l’âge du salarié et de la durée d’assurance acquise au cours de sa carrière professionnelle.

L’âge légal de départ à la retraite

L’âge légal de départ à la retraite correspond à l’âge minimum à partir duquel un salarié peut demander la liquidation de ses droits à pension. Cet âge est déterminé par la réglementation et peut varier selon l’année de naissance du salarié.

L’atteinte de l’âge légal permet d’engager une demande de départ à la retraite, sans préjuger du niveau de pension, lequel dépend de la durée d’assurance validée.

La durée d’assurance requise

Outre l’âge légal, l’ouverture du droit à une pension de retraite à taux plein est subordonnée à la validation d’une durée d’assurance minimale, exprimée en trimestres. Le nombre de trimestres requis est fixé par la loi et dépend également de l’année de naissance du salarié.

La durée d’assurance comprend :

  • les trimestres cotisés, correspondant aux périodes d’activité professionnelle ayant donné lieu à cotisations ;
  • les trimestres assimilés, attribués au titre de certaines périodes non travaillées, telles que la maladie, le chômage indemnisé ou la maternité, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation.

Les conséquences d’une durée d’assurance incomplète

Lorsque le salarié ne justifie pas de la durée d’assurance requise au moment de la liquidation de ses droits, le montant de la pension de retraite peut faire l’objet :

  • d’une minoration, dans les conditions prévues par la loi ;
  • ou d’un calcul proratisé en fonction des droits effectivement acquis.

À l’inverse, la poursuite de l’activité professionnelle au-delà de la durée d’assurance requise peut, dans certains cas, entraîner une majoration de la pension, selon les modalités réglementaires applicables.

👉 👉 À retenir : le droit à la retraite est ouvert à partir de l’âge légal, mais le montant de la pension dépend de la durée d’assurance acquise. L’âge et la durée d’assurance constituent des conditions cumulatives appréciées au moment du départ à la retraite.

Le calcul de la pension de retraite

Le montant de la pension de retraite du salarié est déterminé à partir des droits acquis tout au long de la carrière professionnelle, selon des règles définies par la réglementation applicable. Le calcul de la pension diffère selon qu’il concerne le régime de retraite de base ou le régime de retraite complémentaire.

Le calcul de la pension au titre du régime de retraite de base

La pension versée par le régime de retraite de base est calculée à partir de trois éléments principaux :

  • le salaire annuel moyen, déterminé à partir des rémunérations soumises à cotisations, selon les modalités prévues par la loi ;
  • le taux de liquidation, qui dépend de la durée d’assurance validée et du respect des conditions d’accès au taux plein ;
  • la durée d’assurance, exprimée en nombre de trimestres pris en compte pour le calcul.

Lorsque la durée d’assurance requise n’est pas atteinte, le taux de liquidation peut être réduit dans les conditions prévues par la réglementation. À l’inverse, la poursuite de l’activité professionnelle au-delà des seuils requis peut entraîner une majoration de la pension, selon les règles applicables.

Le calcul de la pension au titre du régime de retraite complémentaire

La pension de retraite complémentaire est calculée selon un système de points. Les cotisations versées tout au long de la carrière permettent l’acquisition de points de retraite, dont le nombre est inscrit sur le relevé individuel du salarié.

Le montant de la pension complémentaire est obtenu en multipliant :

  • le nombre de points acquis,
  • par la valeur du point applicable à la date de liquidation des droits.

Les modalités de calcul et la valeur du point sont fixées par les règles propres au régime de retraite complémentaire obligatoire.

L’appréciation globale du montant de la pension

Le montant total de la pension de retraite perçue par le salarié résulte de l’addition :

  • de la pension versée par le régime de retraite de base ;
  • de la pension versée par le régime de retraite complémentaire.

Le calcul définitif intervient au moment de la liquidation des droits, sur la base de la situation individuelle du salarié et des éléments figurant dans son relevé de carrière.

👉 À retenir : Le montant de la pension de retraite dépend des droits acquis par le salarié tout au long de sa carrière. Il résulte de l’application de règles distinctes propres à chaque régime, dans le respect des conditions prévues par la réglementation.

Départ à la retraite : situations particulières

Le départ à la retraite peut, dans certains cas, intervenir selon des modalités spécifiques prévues par la réglementation. Ces dispositifs concernent des situations particulières liées au parcours professionnel ou à l’état de santé du salarié et sont strictement encadrés par la loi.

Des modalités particulières de départ à la retraite peuvent être applicables dans certaines situations.

Elles ne constituent pas des droits automatiques et nécessitent une vérification préalable des conditions légales au regard de la situation individuelle du salarié.

Situation du salariéDispositif concernéPrincipe général
Début d’activité précoceRetraite anticipée pour carrière longueDépart possible avant l’âge légal sous conditions
Situation de handicapRetraite anticipéeConditions liées à la reconnaissance du handicap
Incapacité permanenteRetraite anticipéeAppréciation selon le taux reconnu
Fin de carrière à temps partielRetraite progressiveCumul partiel emploi et pension
Interruptions de carrièrePériodes assimiléesPrise en compte possible selon la réglementation

La retraite anticipée pour carrière longue

Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet, sous certaines conditions, un départ à la retraite avant l’âge légal. Il concerne les salariés ayant commencé à travailler précocement et justifiant d’une durée d’assurance suffisante.

L’ouverture du droit est subordonnée notamment :

  • à un âge de début d’activité déterminé par la réglementation ;
  • à un nombre minimal de trimestres cotisés ;
  • au respect des critères légaux applicables à l’année de naissance du salarié.

La retraite anticipée pour handicap ou incapacité permanente

Un départ anticipé à la retraite peut être envisagé pour les salariés en situation de handicap ou reconnus atteints d’une incapacité permanente, sous réserve du respect des conditions prévues par la réglementation.

Ces dispositifs prennent en compte :

  • le taux d’incapacité reconnu ;
  • la durée d’assurance validée ;
  • les justificatifs requis par les organismes de retraite.

La prise en compte de certaines périodes particulières

Certaines périodes de la vie professionnelle peuvent avoir une incidence sur les conditions de départ à la retraite. Il s’agit notamment :

  • des périodes de chômage indemnisé ;
  • des périodes de maladie ou d’accident ;
  • des périodes liées à la maternité ou à l’adoption.

Ces périodes peuvent être prises en compte au titre de l’assurance vieillesse, dans les conditions et limites fixées par la réglementation.

La retraite progressive

La retraite progressive permet au salarié, avant le départ définitif à la retraite, de réduire son activité professionnelle tout en percevant une fraction de sa pension de retraite.

L’accès à ce dispositif est subordonné :

  • à un âge minimal ;
  • à une durée d’assurance minimale ;
  • à l’exercice d’une activité à temps partiel conforme aux seuils réglementaires.

👉 À retenir : les situations particulières de départ à la retraite sont strictement encadrées par la loi. Elles nécessitent une vérification attentive des conditions applicables à chaque situation individuelle.

La demande de départ à la retraite

Le départ à la retraite ne prend effet qu’à l’issue d’une démarche volontaire du salarié. La liquidation des droits à pension n’est pas automatique et suppose l’accomplissement de formalités auprès des organismes de retraite compétents, dans le respect des délais réglementaires.

Une démarche à l’initiative du salarié

Le salarié souhaitant faire valoir ses droits à la retraite doit en effectuer la demande auprès des organismes gestionnaires de ses régimes de retraite. Cette demande constitue une condition préalable au versement de la pension et doit être réalisée avant la date souhaitée de départ à la retraite.

La date de prise d’effet de la retraite est fixée par le salarié, sous réserve du respect des conditions légales et des règles propres à chaque régime.

Les organismes concernés

La demande de départ à la retraite implique la saisine :

  • de l’organisme gestionnaire du régime de retraite de base ;
  • de l’organisme gestionnaire du régime de retraite complémentaire obligatoire.

La coordination entre ces organismes permet la liquidation des droits au titre de l’ensemble des régimes obligatoires.

Les délais à respecter

Il est recommandé d’engager les démarches de départ à la retraite plusieurs mois avant la date envisagée, afin de permettre l’instruction complète du dossier et la vérification des droits acquis.

L’absence de démarche ou le dépôt tardif de la demande peut entraîner un décalage dans le versement de la pension, sans effet rétroactif au-delà des règles prévues par la réglementation.

La vérification du relevé de carrière

Avant toute demande de liquidation, le salarié est invité à vérifier l’exactitude des éléments figurant sur son relevé de carrière. Cette vérification permet d’identifier d’éventuelles anomalies ou périodes manquantes susceptibles d’avoir une incidence sur le calcul de la pension.

Toute rectification doit être demandée auprès des organismes concernés, accompagnée des justificatifs requis.

👉 À retenir : la demande de départ à la retraite relève de l’initiative du salarié. Elle suppose des démarches anticipées et une vérification préalable des droits acquis afin de sécuriser la liquidation de la pension.

Cumul emploi-retraite et reprise d’activité

Après la liquidation de ses droits à la retraite, un salarié peut, dans certaines conditions, reprendre ou poursuivre une activité professionnelle. Ce cumul entre pension de retraite et revenus d’activité est strictement encadré par la réglementation et obéit à des règles spécifiques selon la situation du retraité.

Le principe du cumul emploi-retraite

Le cumul emploi-retraite permet à un retraité de percevoir une pension de retraite tout en exerçant une activité professionnelle rémunérée. L’accès à ce dispositif et ses modalités d’application dépendent notamment :

  • de la situation du salarié au moment de la liquidation de ses droits ;
  • du respect des conditions légales relatives à l’âge et à la durée d’assurance ;
  • des règles propres à chaque régime de retraite.

Les conditions du cumul emploi-retraite

Le cumul emploi-retraite peut être autorisé selon des modalités différentes, notamment en fonction du respect ou non des conditions du taux plein lors du départ à la retraite.

Selon la situation du retraité, le cumul peut être :

  • intégral, lorsque les conditions prévues par la réglementation sont réunies ;
  • plafonné, lorsque certaines conditions ne sont pas remplies.

Les règles applicables doivent être appréciées au regard de la situation individuelle du retraité et de l’activité exercée.

Les effets de la reprise d’activité sur les droits à la retraite

La reprise ou la poursuite d’une activité professionnelle après la liquidation de la retraite n’ouvre pas nécessairement de nouveaux droits à pension. Les cotisations versées dans le cadre du cumul emploi-retraite sont prises en compte dans les conditions prévues par la réglementation, sans garantie d’acquisition de droits supplémentaires.

Il convient d’être attentif aux conséquences de la reprise d’activité sur le versement de la pension et sur le respect des plafonds éventuellement applicables.

👉 À retenir : le cumul emploi-retraite est possible sous conditions. Ses modalités varient selon la situation du retraité et doivent être vérifiées au regard des règles applicables afin d’éviter toute incidence sur le versement de la pension.

Points de vigilance pour les salariés

La préparation du départ à la retraite nécessite une attention particulière afin d’éviter toute difficulté susceptible d’avoir une incidence sur l’ouverture des droits ou sur le montant de la pension. Certaines vérifications et démarches doivent être anticipées par le salarié.

Avant d’engager une demande de départ à la retraite, il convient notamment de :

  • vérifier régulièrement son relevé de carrière, afin de s’assurer que l’ensemble des périodes d’activité et des périodes assimilées ont bien été prises en compte ;
  • anticiper les démarches administratives, en tenant compte des délais nécessaires à l’instruction du dossier par les organismes de retraite ;
  • apprécier les conséquences d’un départ anticipé ou différé, notamment en cas de durée d’assurance incomplète ou de poursuite de l’activité professionnelle ;
  • être attentif aux règles applicables en cas de cumul emploi-retraite, afin d’éviter toute incidence sur le versement de la pension ;
  • conserver les justificatifs relatifs à la carrière professionnelle, susceptibles d’être demandés lors de la liquidation des droits.

Une absence de vigilance ou un défaut d’anticipation peut entraîner des retards de versement ou des écarts dans le calcul de la pension, sans possibilité de régularisation immédiate.

👉 À retenir : la retraite se prépare en amont. Une vérification régulière des droits acquis et une anticipation des démarches permettent de sécuriser le départ à la retraite et le versement de la pension.

Être accompagné dans ses démarches retraite

Les règles applicables à la retraite sont complexes et peuvent varier selon le parcours professionnel, la situation personnelle et les périodes d’activité ou d’interruption de carrière. La compréhension et la mise en œuvre de ces règles nécessitent souvent une analyse précise de la situation individuelle du salarié.

Dans ce contexte, il peut être utile de bénéficier d’un accompagnement afin de :

  • vérifier l’exactitude des éléments figurant sur le relevé de carrière ;
  • s’assurer du respect des conditions d’ouverture du droit à la retraite ;
  • anticiper les conséquences d’un départ à la retraite sur le montant de la pension ;
  • comprendre les modalités applicables en cas de situation particulière.

La Fédération BATI-MAT-TP CFTC accompagne les salariés dans la compréhension des règles relatives à la retraite et dans la vérification de votre situation, dans le respect du cadre légal et réglementaire en vigueur.

👉 À retenir : en cas de doute sur l’application des règles relatives à la retraite, un accompagnement permet de sécuriser les démarches et d’éviter les erreurs susceptibles d’avoir une incidence sur les droits à pension.

Dispositifs de protection sociale et familiale

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