Parentalité et famille : congé maternité et congé paternité

Le congé maternité est un droit fondamental qui permet aux salariées de préparer la naissance de leur enfant et de se consacrer à leur santé ainsi qu’à celle du nouveau-né. Pendant cette période d’arrêt, la Sécurité sociale assure le versement d’indemnités journalières de maternité, destinées à compenser partiellement la perte de salaire

Le montant et la durée de votre indemnisation dépendent de votre situation, de vos revenus antérieurs et, parfois, de votre convention collective. Dans certaines entreprises, l’employeur complète ces versements afin de maintenir un revenu plus proche de votre salaire habituel. Connaître les règles de calcul, les conditions d’ouverture de droits et les délais de versement vous permet d’anticiper sereinement cette étape importante de votre vie professionnelle et familiale.

Le congé maternité

Le congé maternité est une période légale d’interruption du travail accordée aux salariées avant et après la naissance de leur enfant. Il a une double finalité : protéger votre santé et celle du bébé, et garantir le maintien d’un revenu grâce au versement d’indemnités journalières de maternité par l’Assurance maladie.

Ce droit est ouvert à toutes les salariées remplissant les conditions prévues par la Sécurité sociale, quelle que soit la nature de leur contrat (CDI, CDD, temps plein ou temps partiel). Le congé maternité peut varier en durée selon le nombre d’enfants à charge ou attendu, et s’adapte à certaines situations particulières comme les grossesses multiples ou les complications médicales.

Droits et conditions d’accès au congé maternité

Pour bénéficier du congé maternité et percevoir des indemnités journalières, vous devez remplir certaines conditions définies par la Sécurité sociale. Deux critères principaux sont retenus :

  • L’activité récente : avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant l’arrêt, ou avoir cotisé sur un revenu équivalent à 1 015 fois le Smic horaire pendant cette période.
  • La situation professionnelle : être salariée, apprentie, intérimaire ou en contrat aidé. Les travailleuses indépendantes relèvent d’un régime spécifique.

Vous devez également transmettre un certificat médical de grossesse et déclarer vos dates de congé auprès de votre caisse d’assurance maladie et de votre employeur. Le respect de ces démarches conditionne le versement de vos indemnités.

Quelle est la durée du congé maternité ?

La durée du congé maternité est fixée par la loi et varie selon votre situation familiale. Elle comprend un congé prénatal (avant la naissance) et un congé postnatal (après la naissance). L’objectif est de garantir un temps de repos suffisant pour la mère et l’enfant, avec possibilité d’adaptations en cas de circonstances particulières.

Durée légale selon le nombre d’enfants

Pour une première ou une deuxième naissance, le congé maternité est de 16 semaines (6 semaines avant et 10 après).
À partir du troisième enfant, il passe à 26 semaines (8 avant et 18 après).

En cas de naissances multiples, la durée est allongée : 34 semaines pour des jumeaux, 46 semaines pour des triplés ou plus.

Cas particuliers : grossesse multiple ou état de santé

En cas de grossesse pathologique, un congé supplémentaire de 2 semaines prénatales peut être prescrit par le médecin. Après l’accouchement, si votre état de santé l’exige, le congé postnatal peut être prolongé de 4 semaines maximum.

Comment est calculée l’indemnité de congé maternité ?

L’indemnité journalière maternité (IJ maternité) est calculée à partir de votre salaire brut soumis à cotisations perçu au cours des trois derniers mois précédant l’arrêt (ou des 12 derniers mois si votre activité est saisonnière ou discontinue). Le salaire journalier de base est ensuite établi, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (PASS).

Le montant de l’indemnité correspond à environ 100 % du salaire net moyen, après déduction des cotisations sociales obligatoires (CSG et CRDS). Toutefois, un plafond maximal s’applique et il est révisé chaque année par décret.

📌 Montants en vigueur – vérifiés en 03/2025

  • Indemnité journalière maximale : 101,94 € au 01/01/2025
  • Indemnité journalière maximale : 100,36 € au 01/01/2024

Paiement du congé maternité : quand et comment ?

Les indemnités journalières de congé maternité sont versées directement par la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Le paiement ne se fait pas jour par jour : il est généralement effectué tous les 14 jours, en un virement couvrant la période écoulée.

Le versement dépend de la réception de tous les justificatifs : certificat médical, attestation de salaire transmise par l’employeur et relevé d’identité bancaire. Tout retard dans ces démarches peut repousser le paiement.

Dans certains cas, l’employeur applique la subrogation : il continue à vous verser votre salaire habituel et perçoit directement les indemnités de la CPAM. Cette solution évite les décalages de trésorerie pour la salariée et assure une continuité de revenu.

Maintien de salaire et rôle de l’employeur

Pendant le congé maternité, l’employeur n’est pas tenu par la loi de compléter les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Toutefois, de nombreuses conventions collectives prévoient un maintien de salaire partiel ou total, permettant de rapprocher le revenu perçu du salaire habituel. Ces dispositions dépendent de l’ancienneté, de la catégorie professionnelle (ouvrière, ETAM, cadre) et des accords d’entreprise.

Dans le cas où l’employeur pratique la subrogation, il continue à verser le salaire et reçoit directement les indemnités de la CPAM. Cette gestion simplifie les démarches et garantit une régularité dans le revenu de la salariée.

Les représentants du personnel encouragent souvent à négocier ou vérifier ces compléments afin de limiter toute perte financière pendant cette période essentielle.

Paternité et parentalité : quels revenus pendant ces congés ?

Congé paternité : définition et conditions

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est ouvert au second parent, qu’il soit marié, pacsé, en concubinage ou divorcé avec la mère. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, il est de 25 jours calendaires (32 en cas de naissances multiples), dont 7 jours obligatoires immédiatement après la naissance.

Pendant ce congé, la Sécurité sociale (CPAM) verse des indemnités journalières, calculées sur le salaire journalier de référence, dans la limite des plafonds en vigueur. Certaines conventions collectives ou accords d’entreprise peuvent prévoir un complément employeur pour réduire la perte de revenu.

Congé parental : définition et indemnisation

Le congé parental d’éducation peut être demandé par l’un ou l’autre parent à la suite d’un congé maternité ou paternité, pour une durée maximale de 3 ans (ou jusqu’à l’entrée à l’école de l’enfant).

Il n’ouvre pas droit aux indemnités journalières de la Sécurité sociale mais à une allocation versée par la CAF, la PreParE. Son montant dépend du choix d’activité (interruption totale ou temps partiel) et du nombre d’enfants à charge. Là encore, certaines entreprises ou branches peuvent prévoir des dispositifs plus favorables.

Règles spécifiques : BTP, TP et Matériaux de construction

Dans les secteurs du Bâtiment, des Travaux Publics (TP) et des Matériaux de construction, les conventions collectives (CCN) apportent souvent des garanties plus favorables que le droit commun en matière de congé maternité :

  • Maintien de salaire : dans plusieurs branches, l’employeur complète les indemnités journalières de la Sécurité sociale afin de rapprocher le revenu du salaire habituel.
  • Conditions d’ancienneté : le droit au complément varie selon la catégorie professionnelle (ouvriers, ETAM, cadres) et l’ancienneté dans l’entreprise.
  • Prévoyance collective : via des organismes de branche comme Pro BTP, des dispositifs de prévoyance renforcent la protection, notamment en cas d’arrêt prolongé.
  • Spécificités de chantier : certaines conventions prévoient des aménagements adaptés aux réalités de terrain et à la pénibilité du travail.

👉 Les syndicats rappellent que ces droits conventionnels constituent un acquis essentiel et doivent être connus de toutes et tous.

Dispositifs de protection sociale et familiale

Accédez aux principaux dispositifs encadrant la protection sociale et les droits liés à la famille, selon la situation concernée.

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